Fin du confinement: mesures de distanciation sociale à mettre en place en entreprise

L’épidémie du coronavirus (COVID-19) a été déclarée “urgence de santé publique d’importance internationale” (ESPII). Le virus s’est propagé sur de nombreux pays et territoires. Bien que le virus qui provoque le COVID-19 soit encore méconnu, on sait qu’il se transmet par le contact direct avec les particules respiratoires qu’une personne infectée peut expulser en toussant et en éternuant. En outre, les personnes peuvent être infectées au contact de surfaces contaminées par le virus, puis au contact du visage (par exemple, les yeux, le nez ou la bouche). Tant que le COVID-19 continue de se propager, il est important que la collectivité prenne des mesures pour prévenir l’impact de l’épidémie, éviter sa transmission, réduire le risque d’infection et prendre des mesures de contrôle.

Liste des mesures de sécurité en entreprise

L’absence d’informations concernant la protection des travailleurs sur leur lieu de travail peut ralentir le retour à la normale dans de nombreux secteurs d’activité. À continuation, vous trouverez une liste d’actions et de mesures de sécurité élaborée par des professionnels de la santé pour aider les petites et moyennes entreprises à protéger leur personnel et leurs clients de la contagion du coronavirus.

I. Rassembler des informations

1. Recueillir des informations actualisées sur la situation de la pandémie auprès d’organismes officiels de santé, d’organisations spécialisées dans l’environnement de travail et d’associations professionnelles.
2. Partager l’information avec les clients, fournisseurs, banques, entreprises, voisins et partenaires commerciaux.
3. Partager l’information avec les employés et signaler les possibles améliorations à réaliser avec le comité d’entreprise ainsi qu’avec l’organisme chargé de la sécurité sur le lieu de travail.

II. Élaborer un plan de préparation pour l’entreprise

4. Montrer l’engagement de l’équipe de direction à protéger les employés et l’entreprise de la pandémie.
5. Organiser un comité pour préparer le plan.
6. Concevoir un plan de préparation pour compléter les principaux aspects de la continuité des activités, telles que l’approvisionnement des matières premières, les réserves d’argent liquide, les moyens de transport et de livraison des produits aux clients.
7. Préparer des mesures de soutien pratiques pour protéger les employés, comprenant les soins médicaux, les habitudes d’hygiène et les procédures de travail afin de minimiser les contacts humains.
8. Recueillir et s’orienter par des plans visant à la préparation d’autres entreprises.

III. Réduire au minimum les contacts humains sur le lieu de travail

9. Garder une distance de 1,50 mètre entre les postes de travail.
10. Éviter les déplacements inutiles et promouvoir la circulation à sens unique dans les escaliers et les couloirs à l’aide, par exemple, de poteau de guidage ou de poteau de mise à distance.
11. Permettre aux employés de travailler depuis leur domicile, si possible.
12. Organiser des réunions téléphoniques ou par le biais d’Internet au lieu d’être présentielles. Si elles doivent l’être, utiliser de grandes salles de réunion. Pour les rencontres en face à face, s’assoir à plus de 1,50 mètre et ne pas serrer pas la main.
13. Éviter de manger dans des salles ou des restaurants bondés. Inciter les employés à emporter leur déjeuner au travail.
14. Nettoyer et désinfecter les boutons de portes, robinets, interrupteurs, photocopieurs et autres dispositifs que les employés touchent habituellement. Utiliser des lingettes désinfectantes et nettoyer les surfaces qui vont être touchées.
15. Fournir des moyens de transport sécurisés aux employés de l’entreprise.

IV. Habitudes d’hygiène personnelle

16. Établir comme pratique habituelle dans l’entreprise que tous les employés se lavent les mains par mesure de précaution. Utiliser un désinfectant pour les mains, tel que du gel hydroalcoolique après avoir touché une surface commune ou se laver soigneusement les mains à l’eau et au savon après avoir touché une surface commune.
17. Autoriser les employés à porter masques protecteurs sur le lieu de travail, ainsi qu’à l’extérieur.
18. Se couvrir la bouche et le nez d’un mouchoir lors d’une toux ou d’un éternuement.
19. Si le travailleur ne dispose pas de mouchoir, lui indiquer qu’il doit tousser ou éternuer en se couvrant la bouche et le nez avec l’envers de son coude. Ainsi, les germes se répandent moins.
20. Concernant les employés qui manipulent de l’argent ou des paiements de clients, les inciter à souvent utiliser du désinfectant pour les mains et leur rappeler d’éviter de se toucher le visage.
21. Enseigner aux employés comment se laver les mains et comment porter correctement le masque.
22. Veiller à ce qu’il y est suffisamment de lavabos sur le lieu de travail.

V. Aider les employés malades

23. Pour aider psychologiquement les employés malades restés à la maison, établir avec eux un contact téléphonique fréquent.
24. Parler aux employés des possibles mesures pour soutenir les malades qui doivent rester confinés chez eux.
25. Conseiller aux employés d’avoir suffisamment d’argent liquide, ainsi que de la nourriture, de l’eau, du savon et d’autres éléments nécessaires pour faire face à la pandémie.

Absence de lignes directrices

Les employeurs, les syndicats et les travailleurs sont prêts à reprendre le travail mais en veillant à ce que toutes les conditions soient réunies pour limiter le risque d’infection par le coronavirus.

Les données de l’impact sur l’emploi de la première attaque du Covid-19 ont été prises comme un avertissement sérieux de ce qui pourrait arriver si une action coordonnée n’est pas entreprise. Avec des secteurs tels que l’hôtellerie ou le tourisme privés de création d’emplois depuis plusieurs années, des secteurs tels que ceux de la construction ou de l’industrie sont pleinement conscients de l’importance que revêt la reprise de l’activité économique dans son ensemble.

Ce premier point de départ est accompagné en parallèle d’un second : on ne souhaite redémarrer que si une série de mesures sont établies pour minimiser le risque de contagion. Un aspect sur lequel les critères concordent. Le problème qui se pose à ce stade est l’absence de lignes directrices claires en matière de protection à partir desquelles créer les protocoles.

Les recommandations de l’OMS

Le ministère de la santé rappelle les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Lorsque les premières épidémies de coronavirus ont éclaté en Chine au début de l’année, cet organisme a mis en œuvre une série de recommandations qui ont évolué mais n’ont pas beaucoup changé : leurs principaux piliers sont la distanciation sociale, l’hygiène et l’utilisation d’équipements de protection individuelle dans des cas très spécifiques.

Déjà avant les arrêts de production, de nombreuses entreprises avaient commencé à fonctionner avec des protocoles qui augmentaient le degré de sécurité de celui indiqué par l’OMS. Selon les premiers indices, ces mesures auraient été efficaces.

Différentes sources de plusieurs grandes entreprises consultées s’accordent à dire qu’elles n’ont pas un nombre important de victimes dues à des infections, que ce soit chez les opérateurs des chaînes de fabrication ou chez les travailleurs extérieurs. En revanche, il en a été détecté dans les espaces de bureaux. L’objectif est donc d’étendre le plus possible le télétravail pour ces professionnels.

Les spécialistes consultés au sujet des risques professionnels, indiquent que ces perceptions sont cohérentes avec les risques de contagion détectés dans cette pandémie. Les espaces dans lesquels travaillent les ouvriers d’usine sont normalement beaucoup plus ouverts et plus faciles à désinfecter qu’un bureau.

En outre, l’espace dans lequel les employés d’une usine se déplacent est souvent beaucoup plus grand que celui qui sépare les travailleurs claustrés dans un bureau. Deux éléments qui sont encore plus marqués lorsqu’il s’agit de construction à ciel ouvert.

Par ailleurs, l’utilisation de gants et de masques est devenue plus courante sur les lieux de travail dans les secteurs de l’industrie et de la construction. En revanche, leur usage dans des environnements corporatifs a été pratiquement inexistant.

Malgré cela, et en l’absence de directives plus spécifiques pour chaque type de travail de la part du ministère de la santé, les employeurs et les syndicats utiliseront les premiers jours de la reprise des activités pour compléter les plans de protection et effectuer les premiers tests.

Cette circonstance signifie que le retour à l’activité se fera de manière échelonnée. Les premiers jours seront donc utilisés pour mettre en route les processus, connaître l’état des équipements et ajuster les protocoles de sécurité.

Données sur le nombre d’infections

De même, pendant cette période, les entreprises devront s’équiper de suffisamment d’équipements de protection individuels (EPI) pour leur permettre non seulement de reprendre leurs activités commerciales, mais aussi de le faire de manière continue. Concernant les masques, lunettes et écrans de protection, la demande des services de santé est encore énorme, ce qui signifie que de nombreuses entreprises tarderont plusieurs jours avant de disposer de suffisamment de matériel pour garantir le respect des protocoles.

Les autorités sanitaires pourraient considérer ce retour à l’activité comme un bon moyen de continuer à faire baisser le nombre de personnes infectées par le coronavirus. On suppose que la charge de travail des premiers jours de la reprise sera supérieure à celle d’avant la crise.

L’objectif est de disposer de données solides sur la diminution du nombre de personnes infectées et décédées par le coronavirus. Celles-ci permettront d’envisager le passage à une nouvelle phase de travail et d’activité sociale au mois de mai. De même, ces calculs s’inscriraient dans l’augmentation de la capacité du pays et de ses entreprises à être autosuffisantes en EPI sans avoir à recourir à de gros achats à l’étranger.

Il existe également une grande incertitude quant à l’évolution des premiers jours de la reprise du travail. L’objectif partagé par toutes les parties concernées est que chaque mesure prise soit ferme. L’important n’est pas tant la distance parcourue durant ces premiers moments que de ne pas avoir à revenir sur le chemin parcouru.

Qu’est-ce que la distance sociale et pourquoi est-il si important de la maintenir afin d’arrêter la propagation du coronavirus ?

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande des mesures de santé publique telles que la pratique de la distanciation sociale pour lutter contre la pandémie de coronavirus.

Cette mesure est prise en vue de stopper ou ralentir la propagation d’une maladie contagieuse. Il s’agit de maintenir une distance suffisante entre chaque personne pour réduire le risque d’inhalation de particules produites lorsqu’une personne infectée tousse ou éternue. Dans une communauté, les mesures de distanciation sociale peuvent inclure la limitation ou l’annulation de grands rassemblements de personnes, explique la Harvard Medical School.

Ces mesures s’adressent également aux jeunes, qui, bien que la plupart d’entre eux transmettent la maladie avec des symptômes bénins, pourraient infecter des personnes à risque.

La distanciation sociale signifie, selon le CDC (centres américains de contrôle et de prévention des maladies), de ne pas entrer dans des lieux où il peut y avoir un contact étroit avec de nombreuses autres personnes (centres commerciaux, cinémas, stades, etc.), d’éviter les agglomérations de personnes et de garder si possible une distance d’environ 1,50 mètre avec d’autres personnes.

Ces mesures ont montré leur efficacité dans le passé. Une étude sur les fermetures d’écoles, de cinémas et de restaurants pendant 18 jours et d’autres mesures de distanciation sociale au Mexique pendant la pandémie de grippe A de 2009 l’a associé à une réduction de 29 à 37 % du taux de transmission de la grippe A.

Rappel historique

Un autre exemple historique : en 1918, au début de la pandémie connue sous le nom de grippe espagnole, deux villes américaines ont pris des mesures différentes. Alors qu’à Philadelphie, en Pennsylvanie, les premiers cas ont été signalés le 17 septembre, les autorités ont autorisé de grands rassemblements publics, dont un grand défilé le 28 septembre. Ce n’est que le 3 octobre (16 jours plus tard) que la distanciation sociale a été mise en place, alors que le système de santé était déjà débordé.

Au lieu de cela, le 5 octobre à St. Louis (Missouri), les premiers cas de grippe espagnole ont été signalés. Deux jours plus tard, les autorités ont pris des mesures de distanciation sociale. Philadelphie a connu une épidémie beaucoup plus importante, avec un pic de 257 décès pour 100 000 habitants contre 31 à St. Louis, ville où des mesures de distanciation sociale avaient été mises en place. Dans l’ensemble, Philadelphie, cet automne-là, accusait un taux de mortalité de 719 décès pour 100 000 habitants, alors que St. Louis relevait un taux de seulement 347 décès pour 100 000 habitants, soit moins de la moitié.

Selon une étude qui a analysé les mesures prises par 17 villes américaines lors de la pandémie de 1918, les villes ayant adopté diverses mesures de distanciation sociale au début de la pandémie ont eu un taux de mortalité maximum qui était environ 50 % inférieur à celui des villes qui ne les avaient pas mises en œuvre et ont reflété une courbe épidémique moins prononcée. La surmortalité cumulée était environ 20 % inférieure dans les villes ayant pris des mesures précoces, car ces décisions ne duraient pas plus de six semaines.

Aucune intervention unique n’a été associée à une réduction généralisée des décès, mais de multiples mesures de distanciation sociale l’ont été. Cela soutient l’hypothèse selon laquelle la mise en oeuvre précoce de ces mesures peut réduire de manière significative la transmission de la grippe, alors que la propagation virale augmente lorsque les mesures sont assouplies, selon les auteurs de l’étude.

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