FranceConnect ne servira pas à s’identifier sur les sites Pornographiques

Alors que le Sénat a voté un amendement imposant un meilleur contrôle de l’age des utilisateurs par les sites pornographique, les internautes se posent la question du « Comment » va-t-on les contrôler pour accéder à ces sites.

Alors que 33% des 18-24 ans et 21% des 35-49 ans affirment visiter un site pour adulte au moins une fois par semaine, le côté anonyme est discret est primordial pour ces visiteurs qui n’assument pas toujours visiter ce type de sites.

La mise en place d’un contrôle accru de la majorité entraîne forcément un questionnement quant à la manière dont l’âge de l’internaute sera vérifié.

Lors de l’annonce du vote de cet amendement, il a été évoqué la possibilité d’utiliser FranceConnect.

Qu’est-ce que FranceConnect ?

FranceConnect est un identifiant unique permettant à prêt de 16 millions de français de se connecter à plus de 700 services de l’état dont le site des impôts et de l’assurance maladie.

Cet identifiant est donc forcément rattaché a une personne française et majeure.

L’utilisation de cet identifiant permettrait en effet de s’assurer sans erreur qu’une personne est majeure avant d’accéder à un site pornographique. Pourtant, de nombreuses questions ont rapidement été soulevées concernant le réel anonymat des internautes qui s’identifieraient avec le même code qu’ils utilisent pour déclarer leurs revenus.

Devant ces interrogations, Cédric O, le secrétaire d’état au numérique a indiqué lundi 15 juin que l’utilisation de FranceConnect n’était pas retenu pour valider sa majorité sur les sites pour adultes.

Quelles solutions pour sécuriser l’accès aux sites pour adultes ?

Avoir écarté FranceConnect est une question de bon sens, personnes n’aurait souhaité utiliser cette solution, pourtant une solution doit être trouvée.

En effet, aujourd’hui, un mineur souhaitant accéder à un site pour adulte a juste à cliquer sur un bouton affirmant qu’il a 18 ans pour passer le barrage. Bien que l’on puisse se dire qu’un ado de 17 ans souhaitant accéder à l’un de ces site ne commet pas un crime en mentant sur son âge, on est tout de même en droit de s’inquiéter lorsque l’on sait que 90% des jeunes de 8 à 16 ans affirment avoir déjà vu une vidéo porno. Oui, vous avez bien lu de « 8 à 16 ans », cette statistique est pondérée par le fait que seul 1/3 des ados affirment avoir consulté ces vidéos consciemment, les plus jeunes quant à eux sont tombés dessus en cherchant totalement autre chose sur les moteurs de recherches, il est donc primordial de protéger les plus jeunes en durcissant l’accès aux contenus pour adultes.

Micro-paiement par carte bancaire :

Une des solution étudiée est de proposer un micro-paiement sur les sites en utilisant sa carte bancaire. Ce micro-paiement serait ensuite remboursé mais ne garantie pas l’anonymat ni la discrétion.

En effet, de nombreuses personnes en couple regarde parfois du contenu pour adulte sans en parler à leur conjoint. On peut difficilement imaginer un internaute réaliser un micro-paiement à l’aide de la carte bancaire du compte commun du couple.

Le « pass porno » acheté dans un commerce :

Une autre solution proposée est l’achat d’un passe porno en commerce où l’on pourrait alors vérifier la majorité de la personne à l’aide de sa carte d’identité.

Dans ce cas, on peut dors et déjà se poser la question du fait de facturer un accès pour visionner des sites « gratuits ». Mais surtout, la notion de discrétion et d’anonymat de l’internaute est rudement remise en question. Il est difficilement envisageable de voir une personne aller au bureau de tabac prendre son journal, un paquet de bonbons et un pass porno, le tout entre sa voisine de 85 ans qui adore raconter les ragots du quartier et le petit gamin venu chercher un magazine pokémon.

Utiliser un vérification tierce :

On peut également envisager une vérification tierce en utilisant par exemple Facebook ou Google.

Cette vérification impliquerait que l’on doive d’abord communiquer sa pièce d’identité aux GAFAM afin qu’ils puissent attester de notre majorité. Ensuite, on peut encore largement se poser la question de l’anonymat. Les réseaux sociaux utilisant généralement toutes les informations qu’ils peuvent collecter sur les internautes afin de leur servir des publicités ciblées, on est en droit de se demander si les vidéos consultées sur les sites pornographiques ne seraient pas étudier pour nous proposer des pubs en rapport avec nos goûts.

Il n’y a pas de solution miracle à ce jour, cependant il faudra trouver quelque chose pour protéger les plus jeunes, ou, cet amendement risque de connaître le même sort qu’un dispositif similaire qui a été mis en place au Royaume-uni avant d’être reconnu caduc du fait que les sites n’ont pas mis en place de solutions de vérification viable.

 

Source de l’image d’illustration : impression d’écran site Pornhub

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